George Littlechild

Le thème principal de mon travail est l'histoire des Premières Nations. J'explore les effets du système colonial, du gouvernement et de son traitement envers les peuples autochtones, ici au Canada et partout dans le monde.

Mon nom autochtone est Nanekawasis. Il m'a été donné par ma tribu, les Cris des plaines, et est identique à celui de mon arrière-grand-père. Je travaille comme artiste professionnel depuis plus de trente ans, j'ai exposé mes œuvres dans le monde entier et j'ai participé à de nombreuses expositions collectives et individuelles.

Je viens de terminer un vaste projet de dessin d'enfants des pensionnats indiens de l'établissement où ma mère, tous ses frères et sœurs et mes grands-parents ont été scolarisés en Alberta. J'ai obtenu des photos des archives provinciales. Aucun nom n'apparaît sur les images de ces rangées interminables d'enfants en uniforme, tous aux cheveux coupés. Je les ai partagées avec les aînés, et ils ont pu identifier les visages. Pour honorer cette génération perdue, j'ai créé un ensemble de 22 dessins. Ces enfants étaient-ils morts là-bas ? Que leur était-il arrivé ? J'ai deux oncles, Alfred et Louis, qui ont tous deux été tués dans la violence des pensionnats indiens, et je suis moi-même un survivant de la rafle des années soixante, où des enfants étaient arrachés à leur foyer, qu'ils soient dysfonctionnels ou non, et forcés de vivre dans des familles d'accueil blanches.

Pour que le Canada puisse aller de l'avant, nous ne devons jamais oublier ce qui s'est passé. Nous célébrons la Journée nationale des Autochtones une fois par an, mais ce n'est pas un jour férié. Je pense qu'elle devrait l'être : une journée où chaque Canadien peut reconnaître et réfléchir à l'histoire et au traitement réservés aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis, et sensibiliser ses familles, ses enfants et ses petits-enfants. Nous devons tous reconnaître que c'est ce qui s'est passé au Canada ; nous ne devons jamais oublier et honorer les Premières Nations.


Ce système terrible et abusif a été créé par les gouvernements passés pour tuer les Indiens – pour faire des Premières Nations des Blancs. Seulement, ils n'ont pas compris qu'on ne peut pas tuer l'esprit, à moins que quelqu'un ne veuille abandonner et se laisser contrôler. Ce que j'appelle la mémoire du sang, c'est cette idée qu'à la naissance, on porte en soi toutes les connaissances des générations précédentes. C'est ce que l'on constate aujourd'hui. On assiste à une résurgence : les Premières Nations se lèvent et disent : « Non, on ne peut plus faire ça. »

Dans ma série de dessins sur les pensionnats indiens, je rends hommage à mes deux oncles ainsi qu'aux nombreux autres enfants morts et souffrants. Je prévois de faire voyager cette œuvre et je dois commencer à lancer des appels aux institutions pour qu'elles la présentent.


Le thème étant très lourd, le projet a pris beaucoup de temps à créer. Une fois terminé, je voulais célébrer le fait d'avoir traversé tout ce processus émotionnel. Nous avons un très beau jardin et je me suis sentie obligée de le capturer dans ces peintures aux techniques mixtes. Elles sont tout simplement amusantes : elles représentent la Terre Mère, l'esprit de l'humanité, l'esprit de la nature et l'esprit d'unité. En tant que Premières Nations, nous croyons que tout est lié, c'est pourquoi je vois le jardin comme une source de nourriture et comme mon lien avec la nature.


La nature occupe une place centrale dans ma vie. Je marche cinq jours par semaine en forêt pour m'imprégner de la nature, pour communier avec elle, comme mes ancêtres avant moi, dont chaque aspect de la vie était dédié à la nature. Et, à ma façon, je continue à le faire, car la nature nourrit mon esprit, mon corps, mon âme et les aspects émotionnels de mon être humain. Toute mon œuvre est axée sur la guérison et la vérité, et cette nouvelle série est particulièrement cathartique. Le jardin est un lieu de calme et la nature est l'endroit où je me ressource.

www.georgelittlechild.com

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